داستان فرانسوی

داستان فرانسوی : Maupassant-Lapin

Le Lapin (1887) est un conte-farce où le vol d’un lapin provoque l’arrivée des gendarmes et l’étalage des problèmes d’un fermier.
« Maître Lecacheur était maire de sa commune, Pavigny-le-Gras, et commandait en maître, vu son argent et sa position. »


 

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داستان فرانسوی خرگوش

LE LAPIN

    Maître Lecacheur apparut sur la porte de sa maison, à l’heure ordinaire, entre cinq heures et cinq heures un quart du matin, pour surveiller ses gens qui se mettaient au travail.
Rouge, mal éveillé, l’oeil droit ouvert, l’oeil gauche presque fermé, il boutonnait avec peine ses bretelles sur son gros ventre, tout en surveillant, d’un regard entendu et circulaire, tous les coins connus de sa ferme. Le soleil coulait ses rayons obliques à travers les hêtres du fossé et les pommiers ronds de la cour ; faisait chanter les coqs sur le fumier et roucouler les pigeons sur le toit. La senteur de l’étable s’envolait par la porte ouverte et se mêlait, dans l’air frais du matin, à l’odeur âcre de l’écurie où hennissaient les chevaux, la tête tournée vers la lumière.
Dès que son pantalon fut soutenu solidement maître Lecacheur se mit en route, allant d’abord vers le poulailler, pour compter les oeufs du matin, car il craignait des maraudes depuis quelque temps.
Mais la fille de ferme accourut vers lui en levant les bras et criant :
– Mait’ Cacheux, maît’ Cacheux, on a volé un lapin, c’te nuit.
– Un lapin ?
– Oui, mait’ Cacheux, l’gros gris, celui de la cage à draite.
Le fermier ouvrit tout à fait l’oeil gauche et dit simplement :
– Faut vé ça.
Et il alla voir.
La cage avait, été brisée, et le lapin était parti.
Alors l’homme devint soucieux, referma son oeil droit et se gratta le nez. Puis, après avoir réfléchi, il ordonna à la servante effarée, qui demeurait stupide devant son maître :
– Va quéri les gendarmes. Dis que j’les attends sur l’heure.
Maître Lecacheur était maire de sa commune, Pavigny-le-Gras, et commandait en maître, vu son argent et sa position.
Dès que la bonne eut disparu, en courant vers le village, distant d’un demi-kilomètre, le paysan rentra chez lui, pour boire son café et causer de la chose avec sa femme.
Il la trouva soufflant le feu avec sa bouche, à genoux devant le foyer.
Il dit dès la porte :
– V’là qu’on a volé un lapin, l’gros gris.
Elle se retourna si vite qu’elle se trouva assise par terre, et regardant son mari avec des yeux désolés :
– Qué qu’ tu dis, Cacheux ! qu’on a volé un lapin ?
– L’gros gris.
– L’gros gris ?
Elle soupira.
– Qué misère ! qué qu’a pu l’vôlé, çu lapin.
C’était une petite femme maigre et vive, propre, entendue à tous les soins de l’exploitation.
Lecacheur avait son idée.
– Ça doit être çu gars de Polyte.
La fermière se leva brusquement, et d’une voix furieuse :
– C’est li ! c’est li ! faut pas en trâcher d’autre. C’est li ! Tu l’as dit, Cacheux !
Sur sa maigre figure irritée, toute sa fureur paysanne toute son avarice, toute sa rage de femme économe contre le valet toujours soupçonné, contre la servante toujours suspectée, apparaissaient dans la contraction de la bouche, dans les rides des joues et du front.
– Et qué que t’as fait ? demanda-t-elle..
– J’ai envéyé quéri les gendarmes.
Ce Polyte était un homme de peine employé pendant quelques jours dans la ferme et congédié par Lecacheur après une réponse insolente. Ancien soldat, il passait pour avoir gardé de ses campagnes en Afrique des habitudes de maraude et de libertinage. Il faisait, pour vivre, tous les métiers. Maçon, terrassier, charretier, faucheur, casseur de pierres, ébrancheur, il était surtout fainéant ; aussi ne le gardait-on nulle part et devait-il par moments changer de canton pour trouver encore du travail.
Dès le premier jour de son entrée à la ferme, la femme de Lecacheur l’avait détesté ; et maintenant elle était sûre que le vol avait été commis par lui.
Au bout d’une demi-heure environ, les deux gendarmes arrivèrent. Le brigadier Sénateur était très haut et maigre, le gendarme Lenient, gros et court.
Lecacheur les fit asseoir, et leur raconta la chose. Puis on alla voir le lieu du méfait afin de constater le bris de la cabine et de recueillir toutes les preuves. Lorsqu’on fut rentré dans la cuisine, la maîtresse apporta du vin, emplit les verres et demanda avec un défi dans l’oeil :
– L’prendrez-vous, c’ti-là ?
Le brigadier, son sabre entre les jambes, semblait soucieux. Certes, il était sûr de le prendre si on voulait bien le lui désigner. Dans le cas contraire, il ne répondait point de le découvrir lui-même. Après avoir longtemps réfléchi, il posa cette simple question
– Le connaissez-vous, le voleur ?
Un pli de malice normande rida la grosse bouche de Lecacheur qui répondit :
– Pour l’connaître, non, je l’connais point, vu que j’l’ai pas vu vôler. Si j’l’avais vu, j’y aurais fait manger tout cru, poil et chair, sans un coup d’cidre pour l’faire passer. Pour lors, pour dire qui c’est, je l’dirai point, nonobstant, que j’crais qu’ c’est çu propre à rien de Polyte.
Alors il expliqua longuement ses histoires avec Polyte, le départ de ce valet, son mauvais regard, des propos rapportés, accumulant des preuves insignifiantes et minutieuses.
Le brigadier, qui avait écouté avec grande attention tout en vidant son verre de vin et en le remplissant ensuite, d’un geste indifférent, se tourna vers son gendarme :
– Faudra voir chez la femme au berqué Severin, dqui l’a vôlé, çu lapin ?
– C’est Polyte Ancas, l’journalier.
– Ben, ben. C’est-i véridique itou qu’on l’a trouvé sous mon lit ?
– Qui ça, le lapin ?
– Le lapin et pi Polyte, l’un au bout d’l’autre.
– Oui, mon pauv’e Severin. C’est vrai.
– Pour lors, c’est véridique ?
– Oui. Qu’est-ce qui vous a donc conté c’t’histoire-là.
– Un p’tieu tout l’monde. Je m’entends. Et pi, et pi, vous n’en savez long su l’mariage, vu qu’vous les faites, vous qu’êtes maire.
– Comment sur le mariage ?
– Oui, rapport au drait.
– Comment rapport au droit ?
– Rapport au drait d’l’homme et pi au drait d’la femme.
– Mais, oui.
– Eh ! ben, dites-mé, maît’ Cacheux, ma femme a-t-i l’drait de coucher avé Polyte ?
– Comment, de coucher avec Polyte ?
– Oui, c’est-i son drait, vu la loi, et pi vu qu’alle est ma femme, de coucher avec Polyte ?
– Mais non, mais non, c’est pas son droit.
– Si je l’y r’prends, j’ai-t-i l’drait dé li fout’ des coups, mé, à elle et pi à li itou ?
– Mais… mais… mais oui.
– C’est ben, pour lors. J’vas vous dire. Eune nuit, vu qu’j’avais d’z’idées, j’rentrai, l’aute semaine, et j’les y trouvai, qu’i n’étaient point dos à dos. J’foutis Polyte coucher dehors ; mais c’est tout, vu que je savais point mon drait. C’te fois-ci, j’les vis point. Je l’sais par l’s autres. C’est fini, n’en parlons pu. Mais si j’ les r’pince… nom d’un nom, si j’ les r’pince. Je leur ferai passer l’goût d’la rigolade, maît’ Cacheux, aussi vrai que je m’nomme Severin..

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